
S’offrir une Ferrari, c’est souvent le rêve d’une vie. Lorsque les finances sont au rendez-vous, vous aurez alors peut-être le privilège de vous rendre dans une concession de la marque au cheval cabré. Vous réaliserez probablement l’essai de cette sportive qui vous fait tant rêver depuis des années. La délicate mélodie d’un moteur V8 bien libéré, l’intérieur raffiné, les lignes somptueuses… C’est certain : vous êtes prêt à casser votre livret d’épargne pour vous offrir cette voiture. Mais au moment de donner votre nom, c’est la douche froide : vous avez été blacklisté par la marque. Voici donc trois raisons qui peuvent inciter la marque italienne a vous inscrire sur sa liste noire, vous empêchant ainsi de vous offrir un modèle neuf de chez Maranello…
Pourquoi de telles restrictions ?
Ferrari, c’est une marque automobile de prestige, avec une histoire remarquable. Sa production, très limitée, s’adresse à un public d’initiés. Ce public, généralement très fortuné, s’identifie assez facilement à l’image de la marque. Mais au même titre que dans un palace parisien, la marque italienne souhaite entretenir une bonne image et impose une éthique. Le comportement déplacé d’un conducteur de Ferrari peut renvoyer de mauvais signaux et porter atteinte à des égos. Imaginez une Ferrari 458 faire des donuts devant un hypermarché ou encore recouverte d’un covering à l’effigie de Dora l’Exploratrice. Des situations que la marque souhaite éviter à tout prix. Et pour celles et ceux qui vont à l’encontre, des sanctions sont prévues…
Pour pallier ce problème, la marque au cheval cabré aurait pris une décision radicale : établir une liste noire. Si vous figurez dessus, il vous sera alors interdit de vous offrir une Ferrari neuve. Une sanction lourde qui s’explique par le fait que Ferrari a le privilège de pouvoir choisir ses clients… Et c’est encore plus le cas pour les séries limitées (comme la Daytona SP3 par exemple). Si vous devenez persona non grata, alors vous n’aurez plus la possibilité de passer commande d’un nouveau modèle exclusif. Il faut bien comprendre que pour les modèles les plus rares, il y a nettement plus de demandes que d’offres. Cette disproportion renforce l’attractivité tout en autorisant une sélection stricte des acheteurs.
Cela signifie qu’il sera toujours possible de vous offrir un modèle « classique », comme une Roma par exemple. Mais pour un modèle en tirage limité, il faudra alors vous tourner vers un modèle d’occasion ou bien passer la commande par l’intermédiaire d’une autre personne ou d’une société. Dans les faits, Ferrari ne peut interdire ce type de pratique.
1. Soyez arrogant et vantard
Pour être blacklisté de chez Ferrari, le mieux est encore d’avoir un comportement hautain, déplacé ou vantard. Typiquement, affichez votre Ferrari sur les réseaux sociaux en multipliant les codes du bling-bling. Montrez que vous avez de l’argent et faites des photos bien arrogantes en arborant tous les attributs du faux-riche. Ne perdons pas de temps à mentionner des influenceurs caricaturaux mais je pense que vous voyez parfaitement ce dont je veux parler. Ferrari ne veut pas que ses voitures soient des étalements de richesse mais qu’elles soient considérées pour ce qu’elles sont : des voitures passionnantes pour passionnés.
D’ailleurs, Ferrari fait également en sorte que sa stratégie aille en ce sens, même si c’est parfois moins rentable. Par exemple, la firme de Maranello a connu un succès immense avec son SUV Purosangue. Pour autant, l’objectif est de continuer à être un constructeur de coupé sportif. La production a volontairement été limitée afin que ce joli SUV ne représente pas plus de 20 % de ses ventes totales.
2. Faites du tuning (idéalement de mauvais goût)
Une Ferrari, c’est une œuvre d’art sur roue. Chaque trait a été soigneusement étudié pour répondre aussi bien à des contraintes esthétiques qu’aérodynamiques. Pour les couleurs de carrosserie, la rigueur est la même. Les pigments sont rigoureusement sélectionnés et les teintes ont toujours une brillance impeccable. Plusieurs personnes ont eu l’idée d’appliquer une couleur spécifique sur leur Ferrari et parfois-même un covering. On se rappellera notamment du DJ Deadmau5 qui avait appliqué un covering Nyan Cat, avec des badges personnalisées, sur sa Ferrari 458. Il n’en fallait pas moins pour déclencher l’envoi d’un courrier de la part de Ferrari. Dans les faits, c’était plutôt le contournement du logo Ferrari qui posait problème. Mais toujours est-il que l’artiste a rapidement changé de crèmerie pour partir chez Lamborghini.
Les Ferrari débutent à 200000€ et leur production est (pré)vendue jusqu'en 2025. Chaque zone géographique n'a qu'un quota limité. Et il suffit d'avoir un comportement inadapté (pour Ferrari) pour être blacklisté à vie. Comme Justin Bieber, qui a osé repeindre sa voiture en bleu. pic.twitter.com/anKv3x8SHa
— La Pravda (@LaPravda99) August 4, 2023
Le chanteur Justin Bieber possédait également une Ferrari 458 Italia, qu’il a agrémenté d’un kit carrosserie façon Liberty Walk et d’une couleur de carrosserie bleu flashy. Une initiative qui n’aurait pas été très appréciée. Mais le temps que la marque italienne ne s’en rende compte, Bieber aurait eu le temps de s’offrir une LaFerrari. Son blacklistage est arrivé peu de temps après. Vous l’aurez compris, modifier sa Ferrari n’est pas interdit mais il ne faut pas dépasser les bornes…
3. Ne respectez pas vos engagements
Pour un blacklistage rapide, il existe plusieurs méthodes assez efficaces. Vous pouvez par exemple utiliser une Ferrari pour promouvoir des produits de luxe sans en informer la marque italienne, conduire mal et faire n’importe quoi sur la route ou encore revendre une voiture que vous deviez conserver un certain temps dans le but de spéculer. Autant de comportements qui déplaisent fortement à la marque italienne. Le journaliste Chris Harris en avait fait les frais. Il suspectait que Ferrari fournisse des voitures spécialement préparées pour les médias afin d’influer sur le jugement et la perception du modèle. Dans les faits, il est assez difficile de vérifier ce phénomène…
Vous l’aurez compris, Ferrari souhaite entretenir son image de marque et entend bien lutter contre des comportements qu’elle jugerait déplacé. Dans les faits, il est assez difficile de déterminer qui a tort ou qui a raison. Une fois que l’on possède un véhicule, pourquoi n’aurions-nous pas la liberté de la personnaliser ou de drifter sur des plateaux McDo ? Mais d’un autre côté, avoir une Ferrari n’est-il pas l’achat d’un bout d’histoire dont nous en serions l’incarnation ? Je vous laisserais me donner votre avis en commentaire. De notre côté, on aurait bien vu une Ferrari F8 aux couleurs de PDLV. Mais de toute manière, nous n’aurions pas les finances pour en acheter une neuve, blacklistage ou non.





