
Renault profite du salon Solutrans, qui se tient en ce moment à Lyon pour offrir le premier bain de foule au Trafic E-Tech. Officialisé en février dernier, cet utilitaire électrique sera commercialisé en fin d’année 2026. Nous entendons beaucoup de rumeurs à l’égard de cet utilitaire. Certaines sont fondées, d’autres ne le sont pas vraiment. Voici 10 vérités à connaître sur ce modèle qui a de sérieux arguments à faire valoir pour les professionnels. D’ailleurs, pensez-vous que ce Trafic IV sera disponible avec un moteur diesel comme l’affirment certaines rumeurs ?
Il est moche : FAUX
Développé par Flexis, une coentreprise du constructeur automobile Renault, du groupe Volvo et du transporteur CMA-CGM, le nouveau Trafic E-Tech surprend. Si le profil est relativement classique, on remarque un porte-à-faux avant très petit, un pare-brise panoramique, un logo éclairé et des optiques placées en hauteur. Le pare-chocs est assez traditionnel dans son dessin et accueille majoritairement du plastique, pour absorber plus facilement les chocs urbains. La marque au losange n’a pas lésiné sur les protections de carrosserie. On trouve deux portes traditionnelles à l’arrière et une porte latérale coulissante du côté passager.

Ce design se veut moderne mais pas futuriste pour autant. Le dessin interpelle et fait parler. À l’intérieur, l’ambiance est plus classique. Les clients auront le choix entre une configuration à deux ou trois sièges. Le grand écran central pourra accueillir des interfaces propres aux entreprises. Contrairement à plusieurs modèles concurrents, le véhicule a été développé à partir de la partie logicielle. Cela garantit une meilleure ergonomie et des temps de réponse réduits. Les mises à jours à distance pourront aussi servir à apporter des fonctionnalités au fil du temps. Est-ce moche pour autant ? C’est très subjectif.
Il a l’air petit : VRAI
En quelques années, les centre-villes ont fortement évolué. Les voies se rétrécissent pour partager la chaussée entre les différents moyens de mobilité. Les places de parking sont plus rares et parfois encore plus compliquées d’accès, surtout dans certains souterrains. Renault a fait un choix stratégique : celui de réduire l’encombrement du Trafic Electric. Si deux longueurs sont toujours disponibles (L1 et L2), elles sont chacune 21 centimètres plus courtes que sur le Trafic III.
Avec 4,87 mètres de long, le Trafic E-Tech sera plus facilement maniable d’autant plus son rayon de braquage de 10,5 mètres est similaire à celui d’une Clio. La version rallongée L2 culmine à 5,27 mètres. Côté largeur, le Trafic électrique est aussi la diète. Il s’étend sur 1,92 mètre de large (- 4 cm) et 1,90 mètre de haut (- 7 cm). Côté agilité, les conducteurs apprécieront sans doute ce plus petit gabarit. Mais doit-on craindre un impact sur le volume de chargement ?
Il perd en volume de chargement : VRAI
Le Renault Trafic E-Tech conserve une bonne accessibilité à l’espace de chargement. On retrouve une porte latérale coulissante du côté droit et deux portes arrière battantes. Les roues poussées dans les quatre coins faciliteront le chargement. Toutefois, la réduction du gabarit induit malheureusement une capacité moindre de chargement. La version L1 a un volume de 5,1 m3 et la L2 de 5,8 m3. Cette dernière est allongée au niveau de l’empattement et non pas du porte-à-faux arrière.


Pour l’anecdote, la version longue du Renault Trafic E-Tech dispose du même espace que le Trafic III… en version courte ! Indéniablement, le nouveau venu perdra en capacité ce qu’il gagnera en agilité. Est-ce donc véritablement un problème ? Dans sa version la plus puissante, il dispose d’une charge utile pouvant aller jusqu’à 1,25 tonne. C’est toujours moins que l’actuel Trafic électrique.
Le Trafic E-Tech est sous-motorisé : FAUX
L’actuel Renault Trafic E-Tech a une puissance de 90 kW, soit environ 120 chevaux et s’appuie sur une batterie de 52 kWh. Cela reste une « petite » puissance qui ne permet pas d’aller au-delà des 110 km/h. Côté accélération, comptez 13,6 secondes pour passer de 0 à 100 km/h. Ce n’est pas exceptionnel mais pas ridicule non plus. Cela dit, le nouvel opus va encore bien plus loin. Il s’appuie cette fois sur un moteur de 150 kW, soit 204 chevaux de puissance. Conçu en Europe, le moteur prend place à l’arrière, entraînant les roues arrière, ce qui en fera donc une propulsion.
Ce nouveau moteur s’appuie sur une technique 800 V destinée à réduire la consommation électrique. Sur une borne de recharge rapide en courant continu, seulement 20 minutes sont nécessaires pour passer de 15 à 80 % de charge. Cela correspond à 260 kilomètres d’autonomie tout de même. Cet utilitaire disposera aussi des fonctionnalités V2L et V2G. Cela permet d’alimenter un petit appareil électrique à l’aide d’une prise domestique qui puisera l’énergie sur la batterie haute-tension.
Il pourra drifter : À voir…
Rappelons tout de même que l’intérêt premier d’un utilitaire, c’est de réaliser du transport. Toutefois, du fait de la propulsion, il n’est pas impossible que certains analysent l’architecture propulsion comme une invitation à essayer le drift. On ne connait pas encore le poids à vide de ce Trafic E-Tech… Du fait de l’empattement à rallonge et de la masse, il n’est pas certain que la dérive soit réellement possible.

Personne ne va l’acheter : FAUX
Pensé pour les professionnels, le Renault Trafic E-Tech a été optimisé à tous les niveaux. Son interface numérique permet l’adaptation à tous les corps de métier, aussi bien les ambulances, que les véhicules de pompiers, de police ou même frigorifiques. Le Trafic s’adapte aussi aux flottes en intégrant un QR Code accessible sur l’écran central. Il permet d’identifier immédiatement un conducteur, sans avoir besoin d’un boîtier externe. Aussi, plusieurs carrosseries seront disponibles : châssis cabine, plancher cabine, benne, plateau ou encore Cargo Box.

Les clients pourront aussi faire appel à des personnalisations sur mesure grâce à l’expertise des 300 carrossiers partenaires agréés Renault Pro +. Il est fort probable que ce Trafic E-Tech remporte pas mal d’appels d’offres, surtout si son positionnement tarifaire est attractif. Mais pour ça, il est encore un petit peu tôt…
Il y a trop d’écrans : VRAI mais…
La part des écrans est en nette augmentation. On trouve une dalle numérique en guise d’instrumentation ainsi que cette grande dalle centrale qui remplira un rôle multimédia… Mais qui pourra aussi s’adapter aux besoins de chaque entreprise. Côté puissance de calcul, Renault fait appel à un puissant calculateur Qualcomm que les entreprises pourront exploiter… Cette partie écran prenante vise avant tout la productivité. Alors pourquoi pas…
L’autonomie est faible : FAUX
Renault laisse le choix entre deux batteries pour le Trafic E-Tech. La plus petite de 60 kWh adopte la chimie LFP (lithium/fer/phosphate) et proposera près de 350 kilomètres d’autonomie en cycle WLTP. Elle sera la plus accessible. Pour les gros rouleurs, la batterie NMC 81 kWh (nickel/manganèse/cobalt) atteindra les 450 kilomètres d’autonomie. Elle sera disponible dès le lancement. Côté gamme, un seul niveau de puissance semble être proposé mais les clients auront le choix entre les variantes Autonomie Urbaine et Grande Autonomie.

450 kilomètres d’autonomie, c’est bien suffisant pour la majorité des professionnels. Celles et ceux qui ne font que de l’autoroute continueront bien sûr de choisir du Diesel. Et c’est la raison pour laquelle Renault continuera de produire le Trafic III en thermique.
Il n’est pas écologique : VRAI et FAUX
Renault continue sur sa lancée en adoptant un taux de matière circulaire supérieur à 23 %, en incluant la batterie. C’est un score proche des voitures électriques de la marque, dont la Renault 4 E-Tech qui culmine à 26 %. D’ici 2030, la marque au losange vise un score de 33 %. De même, pour les plastiques spécifiquement, le taux sera supérieur à 15 %. Pour la sellerie et son revêtement en tissu Twi-jeans, la part de recyclé est de 50 %. Bien sûr, cela ne prend pas en compte la production de la batterie. L’impact n’est assurément pas neutre, comme la production de tout nouveau véhicule sur le marché.





Il existera avec un moteur Diesel : FAUX
Lancé en 1980, le Renault Trafic a déjà été commercialisé à plus de 2,5 millions d’exemplaires. La marque au losange dispose déjà de solides connaissances dans le domaine de l’utilitaire. Et elle vise généralement assez juste. Le passage au tout-électrique pour cette quatrième génération est un choix parfaitement assumé. Il s’inscrit dans un contexte économique difficile, fragilisé par les restrictions de circulation, l’envolée régulièrement du coût du carburant et le malus écologique qui alourdit le coût de la carte grise.
La stratégie du 100 % électrique est assez vivement critiquée… Mais les besoins des professionnels évoluent aussi, surtout dans les grandes villes. Fréquemment utilisés pour intervenir en milieu urbain ou pour effectuer les livraisons du dernier kilomètre, ces utilitaires intermédiaires basculent petit à petit en mode zéro émission.
Pour autant, Renault ne fait pas l’autruche. Déjà, parce que c’est un animal difficile à imiter mais aussi parce qu’elle sait pertinemment que la demande est toujours bien présente pour le Diesel. Dès lors, le Renault Trafic de troisième génération reste au catalogue… Et uniquement avec des motorisations Diesel. Il pourrait d’ailleurs être mis à jour prochainement.





