
Pourquoi nous avons arrêté d’utiliser Chargemap Pass
Le premier conseil que l’on donne à une personne qui achète ou loue une voiture électrique, c’est de se procurer une carte de recharge. Finies les attentes interminables devant une borne pour parvenir à payer depuis son smartphone. La carte permet de lancer rapidement la recharge, tandis que le montant est ensuite prélevé directement sur le compte bancaire. Dans ce domaine, Chargemap est un acteur historique avec son célèbre Pass, proposé depuis 2017. Cette année, nous avons décidé d’abandonner cette carte. Et il y a plusieurs raisons à cela.
Notre retour d’expérience avec le Chargemap Pass
Sur son site internet, Chargemap se présente comme un acteur majeur du marché de la recharge électrique, avec plus d’un million de points de charge référencés dans 19 pays européens. La promesse est séduisante et elle a suffi à nous convaincre d’adopter le service. En effet, nous sommes de gros rouleurs. Pour nos essais automobiles, nous parcourons plus de 100 000 kilomètres par an, majoritairement en électrique. Pour nous, comme pour beaucoup d’automobilistes, le fait de simplement passer une carte devant une borne pour lancer la recharge est un vrai confort (surtout quand il pleut) !

Nous sommes équipés du Chargemap Pass depuis bientôt deux ans, ce qui nous a permis d’identifier les points forts et les points faibles du service. Nous reviendrons donc sur les raisons qui nous ont poussés à cesser de l’utiliser. Il faut le reconnaître : Chargemap est un véritable succès commercial, avec le cap du million d’utilisateurs inscrits en Europe franchi dès 2019 et l’arrivée progressive de fonctionnalités intéressantes, que nous avons appréciées à leur juste valeur.
Ce qui fait la force de Chargemap
Avant d’aborder les points plus sensibles, revenons sur ce qu’est Chargemap. L’entreprise est née en 2009, en France, d’un constat : il n’existait alors pas de répertoire suffisamment complet des bornes de recharge à proximité. Avec quelques amis, Yoann a développé une cartographie des bornes à travers une application mobile innovante et collaborative. Elle a rapidement été adoptée par la communauté des précurseurs de l’électrique. En 2017, le Chargemap Pass a été lancé pour permettre de recharger sa voiture d’un simple « bip ». C’était bien pratique et cela a contribué au succès de la marque.

Il faut bien le reconnaître : le service proposé est de qualité. La cartographie est complète et interactive, avec la participation de la communauté pour signaler notamment les éventuelles défaillances d’une borne. L’application fournit de nombreuses informations utiles. Si les voitures électriques modernes intègrent souvent un planificateur d’itinéraire avec des données similaires, l’application mobile de Chargemap profite d’une bonne ergonomie. On peut même sélectionner la puissance de recharge souhaitée pour identifier les bornes adaptées à ses besoins. Lorsque l’on voyage beaucoup, c’est très pratique.
Une carte vendue au prix fort
Le Chargemap Pass n’est pas gratuit. Il faut débourser 14,90 € pour le recevoir à son domicile. C’est une somme qui se situe plutôt dans la fourchette haute du marché. Toutefois, un guide de recharge est également fourni, ce qui est toujours appréciable, surtout lorsque l’on débute dans le domaine de la voiture électrique. Pour l’anecdote, le prix du Pass était même fixé à 19,90 € lors de notre commande. Ce tarif figure encore dans certaines mentions légales du service.
Cela donne l’impression d’un paiement unique permettant ensuite d’accéder librement au service. Et pour le coup, c’est assez appréciable. On prend vite goût à ces recharges en toute simplicité. On oublie alors les pénibles manipulations sur smartphone au pied d’une borne. Dès lors, les 14,90 € passent assez facilement au second plan, tant le confort d’utilisation est réel. On peut même se demander à quoi sert l’abonnement Chargemap Boost, bien que l’opérateur mette en avant une économie moyenne de 119 € par an.
Une transparence discutable
Ce qui nous a poussés à ne plus utiliser le Chargemap Pass, c’est avant tout une question de prix. Une entreprise doit naturellement dégager des bénéfices pour assurer son fonctionnement. Pourtant, la transparence tarifaire promise par Chargemap ne nous a pas totalement convaincus.
Prenons un exemple concret. Nous avons pour habitude de recharger nos véhicules électriques sur la borne IZIVIA Fast du McDonald’s de Mayenne. Celle-ci propose une puissance de recharge pouvant atteindre 150 kW. Son prix est affiché directement sur la borne : 0,30 € par kWh entre 9h00 et 11h30, puis entre 15h00 et 18h00. En dehors de ces horaires, le tarif grimpe à 0,35 € par kWh. Cela reste plutôt compétitif.

Sur Chargemap, ces prix « réels » ne sont pas indiqués : il s’agit directement des prix incluant la commission de Chargemap, soit entre 0,03 € et 0,038 € de plus par kWh. Ces frais de fonctionnement peuvent se comprendre, mais ils ne sont pas indiqués de manière explicite, ni sur l’application, ni sur les récapitulatifs de recharge que l’on reçoit par e-mail, ni même sur les factures. D’après nos observations, ces commissions seraient de l’ordre de 10 %.
| Recharge de 50 kWh | Paiement direct IZIVIA | Chargemap Pass | Écart constaté |
|---|---|---|---|
| Tarif heures creuses | 15,00 € | 16,50 € | + 1,50 € |
| Tarif heures pleines | 17,50 € | 19,30 € | + 1,80 € |
Pour réduire certains de ces surcoûts, Chargemap propose son abonnement Boost, facturé 8,99 € par mois sans engagement ou 6,49 € par mois avec engagement annuel. Mais encore faut-il que les économies réalisées compensent le coût de cet abonnement. Dans notre cas, ce n’était pas suffisamment intéressant.
L’intérêt discutable du Chargemap Pass
Aussi, la réglementation européenne (AFIR) impose, depuis le 13 avril 2024, qu’un terminal de paiement par carte bancaire (avec ou sans contact) soit directement intégré aux bornes rapides neuves, d’au moins 50 kW. Cela entraîne un véritable changement pour les automobilistes puisque la carte de recharge perd son intérêt. En supprimant un intermédiaire, l’utilisateur paye directement le tarif indiqué sur la borne. Plusieurs opérateurs ont alors imaginé des ripostes, avec des systèmes d’abonnement qui permettent de payer moins cher les recharges. Chargemap l’a également fait… Mais pour quels avantages concrets ?

Par ailleurs, l’écosystème technique a considérablement évolué avec la démocratisation des technologies Plug & Charge et AutoCharge (proposées notamment chez Fastned, Electra ou Tesla). En associant une fois pour toutes sa voiture et son moyen de paiement sur l’application dédiée d’un opérateur, il suffit désormais de brancher le câble pour que la charge démarre automatiquement. Quant aux opérateurs, ils font habituellement le choix de ne pas ajouter de commissions, contrairement à Chargemap pour le moment.
Une facturation complexe à anticiper
L’application mobile Chargemap permet de suivre ses dépenses et d’y retrouver ses factures, ce qui est assez pratique. D’ailleurs, à l’issue de chaque recharge, on reçoit directement un e-mail qui récapitule les durées de charge et de branchement, l’énergie consommée et le coût de la recharge. Pour autant, c’est au début de chaque mois, généralement le 2, que la somme globale est prélevée. Et là, nous avons souvent eu une surprise : lorsque le total dépasse 150 € TTC, cela donne lieu à une seconde facture dont le montant est retiré peu après. Mais là encore, aucune trace détaillée du montant des commissions prélevées sur chaque charge.

Car c’est justement là que le sujet devient sensible… Si vous roulez beaucoup, vous serez amené à recharger régulièrement votre voiture avec potentiellement plusieurs « petites » notes de 10 à 40 €. Sauf qu’une fois additionnées, elles peuvent donner lieu à une facture globale assez importante. Si vous ne suivez pas régulièrement vos dépenses au jour le jour, le prélèvement mensuel peut réserver des surprises. Cela a été l’une de nos motivations pour changer d’opérateur.
Chargemap : un modèle qui s’essouffle ?
L’application Chargemap est toujours aussi pratique. Elle permet de localiser efficacement les bornes de recharge à proximité, en tenant compte de nos besoins réels en matière de puissance et de connecteurs. Sous cet angle, le service tient parfaitement ses promesses. Notre regret concerne donc principalement le Chargemap Pass et son modèle tarifaire. Le déploiement progressif des solutions de paiement direct sur les bornes réduit l’un de ses avantages historiques : permettre de recharger rapidement sans multiplier les démarches.
L’abonnement Chargemap Boost, lancé en 2024, vise à proposer des avantages supplémentaires. Il permet de réaliser des économies sur certaines recharges, mais encore faut-il que celles-ci soient suffisamment importantes pour justifier le prix demandé. À vrai dire, cela ne nous a pas convaincus. Les bornes que nous utilisons régulièrement sont relativement récentes et disposent souvent d’un terminal de paiement bancaire. Nous pouvons donc régler directement nos recharges, sans passer par un service intermédiaire susceptible d’appliquer un tarif différent.
Chargemap : c’est fini pour nous !
Nous avons sollicité Chargemap afin de pouvoir échanger avec eux sur notre expérience mais nos demandes sont restées sans réponse. Depuis, nous avons trouvé plusieurs alternatives qui nous semblent plus économiques, avec un suivi plus facile et des prélèvements mieux suivis. Gardez à l’esprit que les commissions ne sont pas systématiques, même si vous souscrivez chez un prestataire concurrent. Si l’abonnement de Chargemap n’est pas inintéressant, il ne correspondait pas à nos besoins : le coût mensuel n’était pas amorti par de potentielles économies…
Le Chargemap Pass conserve évidemment un intérêt. Toutes les bornes ne permettent pas encore de payer directement par carte bancaire et disposer d’un badge compatible avec de nombreux réseaux reste rassurant, notamment lors des longs déplacements. Mais cet avantage n’est plus aussi déterminant qu’il pouvait l’être il y a quelques années. Nous continuerons donc d’utiliser l’application Chargemap pour ses qualités, mais pour le Pass, ce sera désormais sans nous !





