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Tesla Cybercab : le pari fou du Robotaxi d’Elon Musk

Au Mondial de l’Automobile de Paris, il était possible de découvrir le Tesla Cybercab. C’est un véritable événement, puisque cette étrange voiture sans volant n’a pas vocation à traverser l’Atlantique, du moins pour le moment. Mais plus qu’une simple nouvelle voiture, le Cybercab est une promesse : celle d’un véhicule 100 % autonome. Ce Robotaxi étonnant réserve des surprises à tous les niveaux, tant dans sa conception que dans sa logistique. Je vous propose de découvrir plus en détail les petits secrets de cette Tesla pas comme les autres…

Le Robotaxi : un vieux rêve d’Elon Musk

Que l’on apprécie ou non Elon Musk, il est difficile de contester le côté visionnaire du milliardaire. Arrivé à la tête de Tesla en 2008, il a permis à la marque de prospérer rapidement en faisant des choix très avant-gardistes : des lignes épurées, des motorisations 100 % électriques, un réseau de recharge développé en interne ainsi qu’une quête permanente de performance. Tout cela s’accompagne aussi d’une volonté d’offrir la meilleure sécurité, matérialisée par des véhicules dotés de nombreuses aides à la conduite et de caméras analysant l’environnement en temps réel.

En série, il y a d’abord eu le lancement de l’Autopilot V1 en 2014. Grâce à un partenariat avec Mobileye, il était possible de laisser la berline rouler en autonomie, changer de voie et adapter sa vitesse, en plus de la fonction Autopark. À l’époque, c’était presque révolutionnaire de laisser l’ordinateur gérer la conduite à sa place. Les conditions étaient pourtant assez strictes : il fallait être sur autoroute. Au fil des années, l’Autopilot s’est développé et perfectionné. C’était une première approche qui en appelait bien d’autres.

On peut notamment citer The Boring Company, née en 2016, toujours sous l’impulsion d’Elon Musk. Le principe était de concevoir des tunnels dans lesquels circuleraient des Tesla guidées de manière autonome. Ce service de transport à la demande a vu le jour en 2017 sur un tronçon de 3,2 kilomètres. Le Vegas Loop a suivi en 2020, avec des projets d’extension rapidement déployés et un développement géographique impressionnant, notamment à Dubaï. Le projet suscite toutefois le débat, puisqu’un opérateur doit toujours être présent derrière le volant. Il s’agissait d’une préfiguration évidente du Robotaxi.

Un projet d’ampleur pour Tesla

En 2021, le système Tesla Vision a permis de faire l’impasse sur les radars, puis sur les capteurs à ultrasons. Désormais, tout est géré par des caméras associées à un traitement par intelligence artificielle pour accélérer l’analyse des données. Cela ouvrait de nouvelles perspectives, notamment celle d’accélérer le développement d’un Robotaxi maison. Car entre-temps, d’autres sociétés (américaines également) ont développé leur propre système, à l’image de Waymo (filiale d’Alphabet) qui mène ses expérimentations depuis 2010 et affirme boucler un demi-million de trajets payants chaque semaine !

La concurrence est également asiatique : de nombreux constructeurs chinois développent actuellement leurs propres gammes de Robotaxis. L’enjeu financier est colossal, porté par une demande internationale qui pourrait exploser dans les prochaines années. Pour l’heure, le concept peut sembler abstrait, surtout avec notre regard d’Européens. L’Union européenne avance en effet à tâtons en la matière, ce qui rend tout cela bien lointain. Mais qu’en est-il vraiment ?

Le physique surprenant du Cybercab

Venons-en au Tesla Cybercab. Ce modèle a été dévoilé à Los Angeles en octobre 2024. Il aura fallu près de deux ans pour faire homologuer ce coupé unique en son genre. Jusqu’à présent, la marque était restée relativement discrète quant à la fiche technique de son modèle. Toutefois, les documents déposés fin mai 2026 auprès de l’EPA (Environmental Protection Agency) permettent d’en savoir davantage sur la conception, la motorisation et plusieurs aspects pratiques de ce Robotaxi. Car oui, le Cybercab est destiné exclusivement à une exploitation en tant que Robotaxi, ou plutôt au sein d’une flotte dédiée.

Mais avant d’aborder la partie technique et logistique, parlons design. Exposé au sein du Hall 7 lors du Mondial de l’Automobile de Paris, le Cybercab impressionne. L’exemplaire présenté séduit par sa silhouette très fluide qui s’étend sur environ 4,45 mètres de long. Difficile de passer à côté de ce modèle habillé d’un jaune métallisé aux reflets presque dorés. En configuration américaine, la voiture présente des feux de position aux quatre coins et impose sa présence. La face avant se compose d’un bouclier imposant, seulement aéré dans sa partie basse.

Assurant la liaison avec le capot, un bandeau lumineux s’étend d’un bout à l’autre. Il assure la fonction de feux de jour, tandis que les phares principaux font preuve d’une grande finesse. Du côté des roues, on remarque une monte généreuse en 215/60 R18 aux quatre coins, chaussée en pneumatiques Continental. La partie centrale est recouverte d’un enjoliveur aérodynamique peint de la couleur de la caisse. On note d’ailleurs que cet élément dépasse largement sur les flancs des pneus, ce qui donne l’illusion de jantes bien plus grandes.

Des portes de supercar… sur un Robotaxi

Les portes à ouverture en élytre constituent également un choix très original : si elles renforcent le côté spectaculaire, elles apportent aussi un vrai plus pratique. La ligne de caisse, très sobre, fait l’impasse sur les rétroviseurs. En l’absence de conducteur, les caméras prennent le relais. Soigneusement disséminées, elles permettent d’aboutir à cette ligne particulièrement pure. L’arrière est tronqué et se passe également de lunette arrière. Le bandeau de feux s’intègre harmonieusement pour s’achever sur un pare-chocs en plastique brut.

Il se dégage un côté très monolithique de ce Tesla Cybercab, qui semble avoir été pensé pour aller à l’essentiel. De façon amusante, cette simplicité apparente donne presque l’illusion d’un dessin d’enfant glissé dans une IA. Pourtant, l’ensemble fonctionne très bien, même si le style pur n’était probablement pas la priorité absolue. On s’étonne aussi de l’absence de trappe de recharge, mais cela répond à une logique bien précise. Le Cybercab intrigue et suscite la curiosité, ce qui était précisément l’un des objectifs de la marque.

À bord du Tesla Cybercab : ce qui surprend

Le service Robotaxi de Tesla s’appuie sur trois types de véhicules : le SUV Model Y que l’on connaît déjà, le futur Robovan pensé comme un van autonome très accessible, et enfin le Cybercab sous forme de coupé deux places. Ce dernier constitue le plus compact du trio, un choix guidé par un constat que les équipes de Tesla sur place nous ont confirmé : dans la grande majorité des cas, les courses en taxi ne transportent qu’une à deux personnes.

Imaginons que vous réserviez un Robotaxi. Un Cybercab s’avance face à vous. Naturellement, vous vous dirigez vers l’arrière afin de placer vos bagages dans le coffre. L’immense hayon s’ouvre, soutenu par de solides vérins, et révèle l’espace de chargement. Vous serez alors surpris par le volume disponible : il atteint officiellement 572 litres et s’avère très facile d’accès grâce à des parois parfaitement lisses. Jusqu’à 280 kg de chargement peuvent y être déposés.

Ensuite, les portes en élytre se déploient. Particulièrement larges, elles dégagent un bel espace pour s’installer à bord. On remarque immédiatement l’absence de volant, rappelant que l’on prend place dans un véhicule 100 % autonome. Les sièges affichent une présentation assez classique sans dessin exubérant, donnant l’impression de s’installer dans un siège d’avion en classe économique, la largeur en plus !

Une fois votre ceinture bouclée, le Cybercab s’élance. Le design intérieur a été réduit à sa plus simple expression, en supprimant tout ce qui n’était pas indispensable. On retrouve néanmoins un accoudoir central relevable et un grand écran tactile. Celui-ci permet d’accéder à divers jeux, de regarder un film ou une série, de participer à une visioconférence ou simplement de naviguer sur internet.

Surtout, depuis l’application Tesla, vous pouvez personnaliser l’expérience dès la réservation : réglage de la langue de l’interface (parmi 29 choix), position préférée du siège ou encore température souhaitée à bord. D’autres fonctionnalités viendront enrichir l’expérience par la suite.

Les choix techniques étonnants de Tesla

Parlons maintenant des choix techniques opérés sur le Tesla Cybercab. Le choix d’une carrosserie coupé à deux places répond à la majorité des besoins du quotidien. Si les caractéristiques complètes ne sont pas toutes officielles, les documents d’homologation révèlent un poids à vide de 1 413 kg.

Aussi, le Cybercab dispose d’un unique moteur électrique synchrone à aimants permanents développant environ 220 chevaux. Contrairement aux Model 3 et Model Y, il adopte une architecture à traction avant. Ce choix simplifie la conception et permet d’optimiser l’espace à l’arrière tout en offrant un seuil de chargement bas. Le dossier technique indique une batterie lithium-ion d’une capacité théorique d’environ 48 kWh, assurant une autonomie réelle supérieure à 500 kilomètres.

Sans chauffeur à bord, la question du rechargement se pose naturellement, d’autant qu’aucune trappe n’est visible sur la carrosserie. Le géant américain a fait le choix audacieux de la recharge exclusivement par induction. Concrètement, lorsque le niveau de batterie passe sous un certain seuil, le véhicule se déplace de lui-même vers un emplacement équipé d’une plaque de recharge au sol.

Sur son site internet, Tesla communique également sur le nombre de miles parcourus en conduite autonome. Au moment où j’écris ces lignes, le compteur frôle les 3,4 millions de miles (soit environ 5,5 millions de kilomètres) réalisés par l’ensemble du parc. À ce jour, aucun accident grave n’aurait été recensé, en dehors de légers chocs à très basse vitesse principalement dus à des inattentions de tiers. Par ailleurs, Tesla a conçu des panneaux de carrosserie faciles et rapides à remplacer en cas d’accrochage.

Un guidage exclusivement assuré par des caméras

Sur le Tesla Cybercab, point de LiDAR : le guidage repose exclusivement sur des caméras. Cette architecture fait suite à une longue évolution entamée en 2014 avec la première version de l’Autopilot, puis la seconde génération en 2016 lorsque Elon Musk a annoncé l’intégration de huit caméras sur la Model S, reliées à un calculateur Nvidia. Dès cette époque, la conduite autonome était proposée via l’option payante « Capacité de conduite entièrement autonome ».

Dès 2019, tout s’est accéléré avec l’abandon des puces Nvidia au profit d’un processeur maison, puis le lancement de Tesla Vision. Cela s’est traduit par la suppression des radars (2021) puis des capteurs ultrasons (2022) sur les véhicules neufs. Tout repose désormais sur les caméras couplées à l’intelligence artificielle, Tesla estimant que la vision est le seul sens nécessaire pour conduire.

La marque n’a cessé de faire évoluer sa technologie depuis. En 2025, le calculateur Hardware 5 a inauguré une nouvelle génération de puces conçues sur mesure pour les véhicules autonomes comme le Cybercab. Ces derniers font d’ailleurs l’objet de premières livraisons dans plusieurs États américains, notamment à Austin avec 45 premiers exemplaires déployés début septembre 2026.

Et ce n’est pas tout !

Ce qui interpelle également, c’est toute la logistique pensée pour faire tourner ce Robotaxi sans la moindre intervention humaine. Lors des échanges avec les équipes, on comprend vite que Tesla a pensé le Cybercab jusqu’au moindre détail d’entretien. Dans les stations de recharge, des systèmes automatisés se chargeront de passer l’aspirateur et de désinfecter l’habitacle par UV ou vapeur entre deux courses.

Un vrai plus, quand on sait à quel point l’hygiène peut être un point noir dans les transports partagés ! L’absence de montant central, combinée aux portes en élytre, offre d’ailleurs une accessibilité remarquable qui facilitera grandement l’installation des personnes à mobilité réduite ou âgées. Enfin, un détail technique ne manque pas d’intriguer quand on observe la carrosserie de près : l’absence d’essuie-glace traditionnel en haut du pare-brise. Pour garantir un guidage impeccable même sous une pluie battante, Tesla s’appuie sur des micro-jets d’air et d’eau sous pression directement intégrés pour nettoyer automatiquement les différentes caméras.

Bientôt des Tesla Cybercab en France ?

Une question se pose naturellement : verra-t-on bientôt des Tesla Cybercab sur nos routes françaises et européennes ? La réponse demeure complexe. Elon Musk a précisé dès le départ que le Cybercab était pensé avant tout comme une offre de transport en tant que service, la vente aux particuliers n’étant pas une priorité immédiate. La marque semble toutefois ouverte à cette possibilité pour équiper d’autres opérateurs de flottes.

En France, la circulation de véhicules sans conducteur est déjà possible dans le cadre de systèmes de transport routier automatisés strictement encadrés. Le Cybercab devra néanmoins satisfaire aux exigences européennes d’homologation et aux conditions nationales d’exploitation avant de pouvoir proposer un service commercial.

Un motif d’espoir subsiste néanmoins : huit États européens ont déjà accordé des autorisations d’expérimentation, ce qui pourrait ouvrir la voie à des évolutions réglementaires. Longtemps proposée sous forme d’option à 7 500 €, la conduite autonome est désormais accessible via un abonnement mensuel de 99 €, sans engagement.

Ce qu’il faut retenir

  • Un véhicule 100 % autonome : le Cybercab révolutionne le transport en faisant l’impasse totale sur le volant, les pédales et les rétroviseurs ;
  • Une recharge uniquement par induction : dépourvu de trappe et de câble, le Robotaxi se recharge automatiquement par le sol dans des stations dédiées ;
  • Seulement deux places : pensé pour la majorité des trajets urbains, il offre un confort épuré et un coffre géant de 572 litres ;
  • Un guidage par caméra : le guidage repose uniquement sur un réseau de caméras boosté par l’intelligence artificielle, sans aucun LiDAR ;
  • Homologation européenne : malgré ses premiers déploiements américains, le Cybercab devra encore surmonter plusieurs obstacles réglementaires avant de pouvoir circuler en France.

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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